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La relation entre ''géométrie et escrime'' constitue précisément l'un des aspects les plus remarquables de son enseignement. Une lettre de Dardi datée de ''1434'' affirme que la géométrie est conforme à l'art de l'escrime, celui-ci reposant notamment sur la mesure. Dardi indique également avoir consacré un livre à cette relation entre géométrie et escrime. Cet ouvrage est aujourd'hui perdu. <ref name=> [https://uplopen.com/books/6307/files/54190d62-b15e-4c82-8640-46f47675fd10.pdf Emanuele Lugli, Standardization in the Middle Ages]</ref>
La relation entre ''géométrie et escrime'' constitue précisément l'un des aspects les plus remarquables de son enseignement. Une lettre de Dardi datée de ''1434'' affirme que la géométrie est conforme à l'art de l'escrime, celui-ci reposant notamment sur la mesure. Dardi indique également avoir consacré un livre à cette relation entre géométrie et escrime. Cet ouvrage est aujourd'hui perdu. <ref name=> [https://uplopen.com/books/6307/files/54190d62-b15e-4c82-8640-46f47675fd10.pdf Emanuele Lugli, Standardization in the Middle Ages]</ref>


Dardi est traditionnellement considéré comme le fondateur de l'[[École bolonaise]], et l'expression « école Dardi » a été utilisée dans la littérature moderne pour désigner la tradition bolonaise dont [[Achille Marozzo]] est l'un des représentants les plus célèbres. Cette filiation doit toutefois être présentée avec prudence. Les sources établissent solidement l'existence de Dardi et de sa salle d'armes à Bologne, mais elles ne permettent pas de démontrer une chaîne de transmission directe et continue entre son enseignement et celui de Marozzo.  
Dardi est traditionnellement considéré comme le fondateur de l'[[École bolonaise]], et l'expression « école Dardi » a été utilisée dans la littérature moderne pour désigner la tradition bolonaise dont [[Achille Marozzo]] est l'un des représentants les plus célèbres. Cette filiation doit toutefois être présentée avec prudence. Les sources établissent solidement l'existence de Dardi et de sa salle d'armes à [[Bologne]], mais elles ne permettent pas de démontrer une chaîne de transmission directe et continue entre son enseignement et celui de Marozzo.  


Il est en revanche possible de replacer Dardi dans une '''tradition martiale bolonaise antérieure à Marozzo'''. Des maîtres d'armes sont documentés à Bologne avant lui, notamment [[Rosolino]] en 1338, [[Francesco]] en 1354 et [[Nerio]], enregistré comme ''magister scremaglie'' en 1354 et encore vivant en 1385. Dardi appartient donc à une histoire plus ancienne de l'enseignement des armes à Bologne, dont il constitue l'un des premiers maîtres pour lesquels la documentation devient suffisamment abondante. <ref name=>[https://win.achillemarozzo.it/it/studio/maestribolognesi.htm Sala d'Arme Achille Marozzo]</ref>
Il est en revanche possible de replacer Dardi dans une '''[[École Bolonaise]] antérieure à Marozzo'''. Des maîtres d'armes sont documentés à [[Bologne]] avant lui, notamment [[Rosolino]] en 1338, [[Francesco]] en 1354 et [[Nerio]], enregistré comme ''magister scremaglie'' en 1354 et encore vivant en 1385. Dardi appartient donc à une histoire plus ancienne de l'enseignement des armes à [[Bologne]], dont il constitue l'un des premiers maîtres pour lesquels la documentation devient suffisamment abondante. <ref name=>[https://win.achillemarozzo.it/it/studio/maestribolognesi.htm Sala d'Arme Achille Marozzo]</ref>
 
Les documents concernant Dardi permettent également de mieux comprendre la place sociale du maître d'armes dans la Bologne du XVe siècle. Son activité combine enseignement martial, savoirs mathématiques et activité astrologique, et les autorités municipales reconnaissent l'utilité de son enseignement de l'escrime pour la formation des jeunes gens et la défense de la cité. </ref>[https://www.researchgate.net/publication/303239386_Income_and_working_time_of_a_Fencing_Master_in_Bologna_in_the_15th_and_early_16th_century Battistini et Corradetti, 2016]</ref>


Dardi meurt en ''1464''. Sa chaire de géométrie est attestée jusqu'en 1463, ce qui explique que certaines sources donnent 1463 comme dernière année de son activité universitaire plutôt que comme année de décès. <ref name=>[https://win.achillemarozzo.it/it/studio/maestribolognesi.htm Sala d'Arme Achille Marozzo]</ref>
Dardi meurt en ''1464''. Sa chaire de géométrie est attestée jusqu'en 1463, ce qui explique que certaines sources donnent 1463 comme dernière année de son activité universitaire plutôt que comme année de décès. <ref name=>[https://win.achillemarozzo.it/it/studio/maestribolognesi.htm Sala d'Arme Achille Marozzo]</ref>

Dernière version du 15 août 2026 à 17:00

Infobox

| Title = Filippo di Bartolomeo Dardi
| Creator = Dardi, Filippo di Bartolomeo
| Alternative name = Filippo Dardi ; Lippo di Bartolomeo Dardi ; Lippo Dardi
| Date = vers la fin du XIVe siècle – 1464
| Type = Maître d'armes ; astrologue ; astronome ; mathématicien ; professeur
| Language = Italien
| Coverage = Bologne, Italie
| Relation = École bolonaise d'escrime ; Université de Bologne

Biographie

Filippo di Bartolomeo Dardi, également appelé Filippo Dardi ou Lippo di Bartolomeo Dardi, est un maître d'armes, astrologue et mathématicien bolonais actif au XVe siècle. Il est mort en 1464. Les documents conservés le montrent à la fois comme praticien et enseignant de l'escrime et comme universitaire spécialisé dans les disciplines mathématiques et astronomiques. [1]

Dardi tient une sala d'armi à Bologne, dans la paroisse de Santa Cristina di Porta Stiera, généralement située dans la littérature à proximité de l'actuelle Via Pietralata. Les documents municipaux attestent son activité d'enseignement de l'escrime et permettent de suivre les relations entre son activité professionnelle, les autorités de la ville et les conditions économiques de son enseignement. Une étude consacrée à son activité indique que Dardi tient une salle d'armes à partir de 1413 et qu'il y réside également. [2]

Les documents conservés aux Archives d'État de Bologne montrent notamment que Dardi adresse aux autorités municipales des demandes concernant les conditions d'exercice de son activité et la rémunération de ses élèves. En 1443, la ville fixe notamment des tarifs pour différents exercices : l'épée à deux mains, l'épée et le bocle, la dague, le bâton, les exercices à mains nues ainsi que la rotella ou le targe. Ces documents constituent un témoignage exceptionnel sur l'organisation économique d'une salle d'armes italienne du XVe siècle. [3]

Dardi possède également une formation et une activité intellectuelles importantes. Les archives de l'Université de Bologne le donnent comme lecteur d'arithmétique et de géométrie de 1443 à 1463. Il est également lecteur d'astronomie en 1444. Son activité universitaire explique en partie l'association étroite qui apparaît dans les sources entre son enseignement des armes, la géométrie et les mathématiques. [4]

La relation entre géométrie et escrime constitue précisément l'un des aspects les plus remarquables de son enseignement. Une lettre de Dardi datée de 1434 affirme que la géométrie est conforme à l'art de l'escrime, celui-ci reposant notamment sur la mesure. Dardi indique également avoir consacré un livre à cette relation entre géométrie et escrime. Cet ouvrage est aujourd'hui perdu. [5]

Dardi est traditionnellement considéré comme le fondateur de l'École bolonaise, et l'expression « école Dardi » a été utilisée dans la littérature moderne pour désigner la tradition bolonaise dont Achille Marozzo est l'un des représentants les plus célèbres. Cette filiation doit toutefois être présentée avec prudence. Les sources établissent solidement l'existence de Dardi et de sa salle d'armes à Bologne, mais elles ne permettent pas de démontrer une chaîne de transmission directe et continue entre son enseignement et celui de Marozzo.

Il est en revanche possible de replacer Dardi dans une École Bolonaise antérieure à Marozzo. Des maîtres d'armes sont documentés à Bologne avant lui, notamment Rosolino en 1338, Francesco en 1354 et Nerio, enregistré comme magister scremaglie en 1354 et encore vivant en 1385. Dardi appartient donc à une histoire plus ancienne de l'enseignement des armes à Bologne, dont il constitue l'un des premiers maîtres pour lesquels la documentation devient suffisamment abondante. [6]

Dardi meurt en 1464. Sa chaire de géométrie est attestée jusqu'en 1463, ce qui explique que certaines sources donnent 1463 comme dernière année de son activité universitaire plutôt que comme année de décès. [7]

Bibliographie

L'ouvrage est aujourd'hui perdu. Son existence est cependant attestée par la correspondance de Dardi et constitue une donnée importante pour l'histoire de la théorisation de l'escrime italienne.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Français

Anglais

Italien

Bibliographie de référence

  • Alessandro Battistini et Niki Corradetti, « Income and working time of a Fencing Master in Bologna in the 15th and early 16th century », Acta Periodica Duellatorum, vol. 4, n° 1, 2016, p. 153–176.
  • Emanuele Lugli, Standardization in the Middle Ages, travaux consacrés notamment à la relation entre géométrie et pratiques de mesure et au témoignage de Filippo Dardi.
  • Rob Runacres, « The Bolognese Tradition: Ancient Tradition or Modern Myth? », Acta Periodica Duellatorum, vol. 10, n° 1, 2022, p. 1–18.
  • Luca Cesari, travaux consacrés aux maîtres d'armes de la tradition bolonaise.


Métadonnées : École bolonaise; Bologne