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[[Catégorie: | '''Martín de Aragón''' (également désigné sous la forme '''Martin Argón''' dans plusieurs bases de données consacrées aux Arts Martiaux Historiques Européens) est un maître armurier cordouan actif au début du XVIe siècle. | ||
Il est principalement connu pour avoir présenté au conseil municipal de Cordoue, le 5 avril 1512, un projet d'ordonnances destiné à réglementer le métier des armuriers de la ville. Ce texte, intitulé '''''Proyecto de ordenanzas para los armeros de Córdoba''''', constitue aujourd'hui l'une des sources documentaires les plus importantes concernant l'organisation des métiers de l'armement dans l'Espagne de la Renaissance.<ref name="LevaCuevas"/> | |||
Le ''Padrón'' de 1509 le recense parmi les principaux armuriers de la ville. Il est présenté explicitement comme '''armero''' (armurier), installé dans la rue des Armes (''calle Armas'') de la paroisse de San Nicolás de la Axerquía, à Cordoue.<ref name="LevaCuevas"/> Il est spécialisé dans la fabrication, l'entretien et la réparation des cuirasses, des armures, des hauberts et des équipements défensifs. Les ordonnances de 1512 montrent également qu'il maîtrisait la confection des cottes de mailles, activité réservée à un nombre restreint de maîtres particulièrement qualifiés.<ref name="LevaCuevas"/> | |||
Le 5 avril 1512, Martín de Aragón adresse une requête au ''cabildo'' municipal afin que soient rédigées des ordonnances destinées à réglementer la profession d'armurier. Dans son exposé, il insiste sur le fait qu'un métier aussi essentiel à la défense des hommes mérite un encadrement juridique comparable à celui dont bénéficient déjà d'autres corporations. Il souligne notamment les risques liés aux fraudes portant sur les matériaux employés dans les armures, susceptibles de mettre directement en danger la vie de leurs utilisateurs.<ref name="LevaCuevas"/> | |||
Les ordonnances qui en résultent définissent avec précision les compétences exigées des armuriers, les matériaux autorisés, les contrôles de qualité, les marques devant être apposées sur certaines pièces ainsi que les modalités d'examen des artisans. Elles constituent aujourd'hui un témoignage exceptionnel sur l'organisation des métiers de l'armement dans l'Espagne du début du XVIe siècle.<ref name="LevaCuevas"/> | |||
Aucune information certaine n'est actuellement connue concernant sa naissance, sa mort ou sa formation. L'ensemble des connaissances disponibles provient essentiellement des archives municipales de Cordoue et des études historiques qui leur sont consacrées. | |||
== Une tradition ibérique ? == | |||
Le document rédigé par Martín de Aragón n'est pas un traité technique d'escrime comparable aux ouvrages de [[Pedro de la Torre]], [[Francisco Román]], [[Jerónimo Sánchez de Carranza]] ou [[Luis Pacheco de Narváez]]. Il appartient à une catégorie documentaire différente : celle des textes réglementaires qui encadrent les métiers liés aux armes. | |||
À ce titre, son intérêt pour l'histoire des Arts Martiaux Historiques Européens est considérable. Les ordonnances de 1512 montrent qu'au début du XVIe siècle les activités des armuriers, des fabricants de mailles, des couteliers, des fourbisseurs et des maîtres d'escrime sont déjà suffisamment structurées pour relever d'un contrôle municipal. Elles témoignent ainsi de l'existence d'un véritable environnement professionnel dans lequel les maîtres d'armes exercent leur activité, bien avant l'apparition des grands traités espagnols de la ''Verdadera Destreza''. | |||
Le texte révèle également l'importance économique de l'industrie de l'armement dans la Cordoue de la fin du Moyen Âge. Les armuriers ne se contentent pas de fabriquer des armures ; ils assurent également leur entretien, leur réparation, leur adaptation et le contrôle de leur qualité. Les ordonnances imposent des critères précis concernant les matériaux employés, les techniques de fabrication et les marques permettant d'identifier la qualité des pièces produites. Cette volonté de normalisation traduit la valeur stratégique de ces équipements dans une société où la guerre, les conflits de frontière et les affrontements nobiliaires demeurent fréquents.<ref name="LevaCuevas"/> | |||
Les travaux de Josefa Leva Cuevas montrent également que les ordonnances de 1512 doivent être replacées dans un ensemble beaucoup plus vaste de règlements professionnels concernant les métiers des armes. Elles évoquent notamment les examens professionnels des maîtres d'escrime, l'existence d'un gremio de esgrimidores (corporation d'escrimeurs) et les dispositions prises par les Rois Catholiques en 1478 pour réglementer les droits d'examen des maîtres. Elles rappellent aussi le rôle de la Plaza de la Corredera de Cordoue comme lieu des examens, des démonstrations publiques et des jeux d'armes.<ref name="LevaCuevas"/> | |||
Ces informations permettent de replacer les premiers traités ibériques dans leur contexte institutionnel. Lorsque [[Jerónimo Sánchez de Carranza]] publie sa ''Philosophía de las Armas'' en 1582, les maîtres d'escrime espagnols évoluent déjà depuis plusieurs décennies dans un cadre corporatif et administratif solidement établi. Les ordonnances sollicitées par [[Martín de Aragón]] constituent ainsi un jalon essentiel pour comprendre les fondements sociaux et juridiques de l'escrime commune ibérique, puis de la ''Verdadera Destreza''. | |||
Enfin, le texte illustre les relations étroites qui unissent les différents métiers de l'armement. Les armuriers travaillent quotidiennement avec les espaderos (fabricants d'épées), les cuchilleros (couteliers), les adargueros (fabricants d'adarges), les vaineros (fabricants de fourreaux) et les maestros de esgrima. Cette proximité explique que certaines ordonnances concernent directement l'exercice de l'escrime, sans que leur auteur soit lui-même maître d'armes. | |||
L'intérêt principal de Martín de Aragón ne réside donc pas dans une théorie du combat, mais dans le témoignage exceptionnel qu'il apporte sur le fonctionnement concret de l'environnement professionnel des arts martiaux ibériques au début du XVIe siècle. Son texte constitue aujourd'hui l'une des principales sources permettant d'étudier les rapports entre production des armes, contrôle des métiers et pratique de l'escrime dans l'Espagne de la Renaissance. | |||
== Bibliographie == | |||
Un seul ouvrage est aujourd'hui attribué avec certitude à Martín de Aragón. | |||
* '''1512 — Proyecto de ordenanzas para los armeros de Córdoba''' ('''Projet d'ordonnances pour les armuriers de Cordoue'''), 5 avril 1512 - Archivo Municipal de Córdoba, Caja 16, documento 1) | |||
** Aucune reproduction intégrale libre de l'original n'a pu être identifiée lors de cette recherche. Le texte est cependant largement cité, résumé et analysé dans les publications de Josefa Leva Cuevas. <ref name="LevaCuevas"/> | |||
== Notes et références == | |||
<references> | |||
<ref name="LevaCuevas">LEVA CUEVAS, Josefa. ''Los oficios del armamento en Córdoba en el siglo XV (1460-1510)'', Historia. Instituciones. Documentos, nº 46, Universidad de Sevilla, 2019, p. 161-213. L'étude exploite directement les archives municipales de Cordoue (AMCO, Caja 16, documento 1) contenant la demande d'ordonnances présentée par Martín de Aragón le 5 avril 1512. :contentReference[oaicite:2]{index=2}</ref> | |||
<ref name="CuevasEsgrima">LEVA CUEVAS, Josefa. ''La Caballería y el Arte de la Esgrima en la ciudad de Córdoba en los siglos XV y XVI. La plaza de la Corredera como marco de su ejercicio''. Cette étude replace les ordonnances de 1512 dans le contexte de l'escrime cordouane, des examens des maîtres d'escrime et des jeux d'armes urbains. :contentReference[oaicite:3]{index=3}</ref> | |||
</references> | |||
== Voir aussi == | |||
=== Articles connexes === | |||
* [[Escrime commune ibérique]] | |||
* [[Jerónimo Sánchez de Carranza]] | |||
* [[Luis Pacheco de Narváez]] | |||
* [[Corporation]] | |||
* [[Cordoue]] | |||
== Liens externes en français == | |||
Aucun. | |||
== Liens externes en anglais == | |||
Aucun. | |||
== Liens externes en espagnol == | |||
* [https://idus.us.es/bitstreams/82bc47cd-4706-419b-8a1d-99eae2a4f63a/download Los oficios del armamento en Córdoba en el siglo XV (1460-1510)] | |||
* [https://helvia.uco.es/xmlui/bitstream/handle/10396/8740/11.10.pdf La Caballería y el Arte de la Esgrima en la ciudad de Córdoba en los siglos XV y XVI] | |||
== Bibliographie de référence en français == | |||
Aucune | |||
== Bibliographie de référence en anglais == | |||
Aucune. | |||
== Bibliographie de référence en espagnol == | |||
* LEVA CUEVAS, Josefa. ''Los oficios del armamento en Córdoba en el siglo XV (1460-1510).'' Historia. Instituciones. Documentos, nº 46. Universidad de Sevilla. 2019. | |||
* LEVA CUEVAS, Josefa. ''La Caballería y el Arte de la Esgrima en la ciudad de Córdoba en los siglos XV y XVI. La plaza de la Corredera como marco de su ejercicio.'' | |||
== Catégories == | |||
[[Catégorie:XVIe]] | |||
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[[Catégorie:Traduction manquante]] | |||
[[Catégorie:Littérature connexe]] | |||
[[Catégorie:Espagnol]] | [[Catégorie:Espagnol]] | ||
[[Catégorie:Escrime Commune Ibérique]] | [[Catégorie:Escrime Commune Ibérique]] | ||
[[Catégorie:Numérisation manquante]] | [[Catégorie:Numérisation manquante]] | ||
Dernière version du 21 juillet 2026 à 14:47
Biographie
Martín de Aragón (également désigné sous la forme Martin Argón dans plusieurs bases de données consacrées aux Arts Martiaux Historiques Européens) est un maître armurier cordouan actif au début du XVIe siècle.
Il est principalement connu pour avoir présenté au conseil municipal de Cordoue, le 5 avril 1512, un projet d'ordonnances destiné à réglementer le métier des armuriers de la ville. Ce texte, intitulé Proyecto de ordenanzas para los armeros de Córdoba, constitue aujourd'hui l'une des sources documentaires les plus importantes concernant l'organisation des métiers de l'armement dans l'Espagne de la Renaissance.[1]
Le Padrón de 1509 le recense parmi les principaux armuriers de la ville. Il est présenté explicitement comme armero (armurier), installé dans la rue des Armes (calle Armas) de la paroisse de San Nicolás de la Axerquía, à Cordoue.[1] Il est spécialisé dans la fabrication, l'entretien et la réparation des cuirasses, des armures, des hauberts et des équipements défensifs. Les ordonnances de 1512 montrent également qu'il maîtrisait la confection des cottes de mailles, activité réservée à un nombre restreint de maîtres particulièrement qualifiés.[1]
Le 5 avril 1512, Martín de Aragón adresse une requête au cabildo municipal afin que soient rédigées des ordonnances destinées à réglementer la profession d'armurier. Dans son exposé, il insiste sur le fait qu'un métier aussi essentiel à la défense des hommes mérite un encadrement juridique comparable à celui dont bénéficient déjà d'autres corporations. Il souligne notamment les risques liés aux fraudes portant sur les matériaux employés dans les armures, susceptibles de mettre directement en danger la vie de leurs utilisateurs.[1]
Les ordonnances qui en résultent définissent avec précision les compétences exigées des armuriers, les matériaux autorisés, les contrôles de qualité, les marques devant être apposées sur certaines pièces ainsi que les modalités d'examen des artisans. Elles constituent aujourd'hui un témoignage exceptionnel sur l'organisation des métiers de l'armement dans l'Espagne du début du XVIe siècle.[1]
Aucune information certaine n'est actuellement connue concernant sa naissance, sa mort ou sa formation. L'ensemble des connaissances disponibles provient essentiellement des archives municipales de Cordoue et des études historiques qui leur sont consacrées.
Une tradition ibérique ?
Le document rédigé par Martín de Aragón n'est pas un traité technique d'escrime comparable aux ouvrages de Pedro de la Torre, Francisco Román, Jerónimo Sánchez de Carranza ou Luis Pacheco de Narváez. Il appartient à une catégorie documentaire différente : celle des textes réglementaires qui encadrent les métiers liés aux armes.
À ce titre, son intérêt pour l'histoire des Arts Martiaux Historiques Européens est considérable. Les ordonnances de 1512 montrent qu'au début du XVIe siècle les activités des armuriers, des fabricants de mailles, des couteliers, des fourbisseurs et des maîtres d'escrime sont déjà suffisamment structurées pour relever d'un contrôle municipal. Elles témoignent ainsi de l'existence d'un véritable environnement professionnel dans lequel les maîtres d'armes exercent leur activité, bien avant l'apparition des grands traités espagnols de la Verdadera Destreza.
Le texte révèle également l'importance économique de l'industrie de l'armement dans la Cordoue de la fin du Moyen Âge. Les armuriers ne se contentent pas de fabriquer des armures ; ils assurent également leur entretien, leur réparation, leur adaptation et le contrôle de leur qualité. Les ordonnances imposent des critères précis concernant les matériaux employés, les techniques de fabrication et les marques permettant d'identifier la qualité des pièces produites. Cette volonté de normalisation traduit la valeur stratégique de ces équipements dans une société où la guerre, les conflits de frontière et les affrontements nobiliaires demeurent fréquents.[1]
Les travaux de Josefa Leva Cuevas montrent également que les ordonnances de 1512 doivent être replacées dans un ensemble beaucoup plus vaste de règlements professionnels concernant les métiers des armes. Elles évoquent notamment les examens professionnels des maîtres d'escrime, l'existence d'un gremio de esgrimidores (corporation d'escrimeurs) et les dispositions prises par les Rois Catholiques en 1478 pour réglementer les droits d'examen des maîtres. Elles rappellent aussi le rôle de la Plaza de la Corredera de Cordoue comme lieu des examens, des démonstrations publiques et des jeux d'armes.[1]
Ces informations permettent de replacer les premiers traités ibériques dans leur contexte institutionnel. Lorsque Jerónimo Sánchez de Carranza publie sa Philosophía de las Armas en 1582, les maîtres d'escrime espagnols évoluent déjà depuis plusieurs décennies dans un cadre corporatif et administratif solidement établi. Les ordonnances sollicitées par Martín de Aragón constituent ainsi un jalon essentiel pour comprendre les fondements sociaux et juridiques de l'escrime commune ibérique, puis de la Verdadera Destreza.
Enfin, le texte illustre les relations étroites qui unissent les différents métiers de l'armement. Les armuriers travaillent quotidiennement avec les espaderos (fabricants d'épées), les cuchilleros (couteliers), les adargueros (fabricants d'adarges), les vaineros (fabricants de fourreaux) et les maestros de esgrima. Cette proximité explique que certaines ordonnances concernent directement l'exercice de l'escrime, sans que leur auteur soit lui-même maître d'armes.
L'intérêt principal de Martín de Aragón ne réside donc pas dans une théorie du combat, mais dans le témoignage exceptionnel qu'il apporte sur le fonctionnement concret de l'environnement professionnel des arts martiaux ibériques au début du XVIe siècle. Son texte constitue aujourd'hui l'une des principales sources permettant d'étudier les rapports entre production des armes, contrôle des métiers et pratique de l'escrime dans l'Espagne de la Renaissance.
Bibliographie
Un seul ouvrage est aujourd'hui attribué avec certitude à Martín de Aragón.
- 1512 — Proyecto de ordenanzas para los armeros de Córdoba (Projet d'ordonnances pour les armuriers de Cordoue), 5 avril 1512 - Archivo Municipal de Córdoba, Caja 16, documento 1)
- Aucune reproduction intégrale libre de l'original n'a pu être identifiée lors de cette recherche. Le texte est cependant largement cité, résumé et analysé dans les publications de Josefa Leva Cuevas. [1]
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6 et 1,7 LEVA CUEVAS, Josefa. Los oficios del armamento en Córdoba en el siglo XV (1460-1510), Historia. Instituciones. Documentos, nº 46, Universidad de Sevilla, 2019, p. 161-213. L'étude exploite directement les archives municipales de Cordoue (AMCO, Caja 16, documento 1) contenant la demande d'ordonnances présentée par Martín de Aragón le 5 avril 1512. :contentReference[oaicite:2]{index=2}
Erreur de référence : La balise <ref> nommée « CuevasEsgrima » définie dans <references> n’est pas utilisée dans le texte précédent.
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes en français
Aucun.
Liens externes en anglais
Aucun.
Liens externes en espagnol
Bibliographie de référence en français
Aucune
Bibliographie de référence en anglais
Aucune.
Bibliographie de référence en espagnol
- LEVA CUEVAS, Josefa. Los oficios del armamento en Córdoba en el siglo XV (1460-1510). Historia. Instituciones. Documentos, nº 46. Universidad de Sevilla. 2019.
- LEVA CUEVAS, Josefa. La Caballería y el Arte de la Esgrima en la ciudad de Córdoba en los siglos XV y XVI. La plaza de la Corredera como marco de su ejercicio.